Ein Gedi - Genèse

Genèse

Structure pédagogique pilote pour des enfants ayant un handicap mental

1/ Ein Gedi est une école laïque indépendante qui a ouvert ses portes le 12 septembre 2016.

 

Elle a pour objectif d’accueillir des jeunes différents ayant un handicap mental âgés de 10 à 15 ans et de leur faire prendre conscience à travers un enseignement adapté, de leur richesse et de tout ce qu’ils peuvent apporter  à ceux qui les entourent.

Les fondements de notre école reposent sur une certitude. Celle du professeur Feuerstein.

Pédagogue israélien, il a travaillé avec les enfants bouleversés par la seconde guerre mondiale lors de la création de l’Etat d’Israël et qui, soumis à des tests, obtenaient des résultats dénotant un retard intellectuel important.

Le professeur Feuerstein s’est aperçu que si ces tests pouvaient rendre compte des connaissances de l’enfant, ils ne permettaient pas pour autant de mesurer leurs capacités d’apprentissage.

Comme il l’affirmait: « Toute personne est capable de changement, quels que soient son âge, son handicap et la gravité de cet handicap. Les enfants différents ont simplement besoin d’un surcroît d’attention et d’investissement personnel. Les chromosomes, les gènes et la neuro-structure n’auront pas le dernier mot. »

 

 

2/ Pourquoi ce nom ?

 

Le nom de l’école vient du nom d’une oasis située dans le désert israélien, non loin de la mer morte, dans le désert de Judée.

Les voyageurs y sont accueillis pour se désaltérer avant de reprendre la route, tout comme les jeunes d’ein Gedi y passeront pour prendre des forces et s’épanouir en prenant conscience de leurs richesses.

 

 

3/ la naissance du projet.

 

Ein Gedi est une structure éducative différente de celles qui existent.

Le projet est né d’un constat: celui du manque de structures éducatives pouvant accueillir les enfants ayant un handicap mental à Bordeaux.

De nombreux jeunes n’ont pas trouvé de place: ils se retrouvent chez eux ou dans des structures inadaptées à leur profil.

Certains peuvent suivre des cours à domicile. D’autres ont des parcours beaucoup plus chaotiques dont personne n’entend parler.

 

 

4/ Aujourd’hui en France, deux possibilités sont données aux enfants de plus de douze ans ayant un handicap mental.

 

La première est l’ULIS, c’est à dire unité localisée pour l’inclusion scolaire, qui correspond aux classes du collège.

La seconde est l’IME, c’est à dire l’institut médico-éducatif.

 

L’ULIS : Le dispositif ULIS répond à la volonté politique affirmée par la loi du 11.2.2005  » pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » et au principe qu’elle pose, celui d’une scolarisation des élèves handicapés se faisant prioritairement en milieu ordinaire.

Les places y sont rares et les ULIS, de plus en plus « spécialisées » dans un type de handicap.

Cette politique, généreuse au départ, consistant à vouloir intégrer des enfants « différents » dans des collèges « normaux »,  est source de souffrances pour certains d’entre eux. Il n’est pas bon pour tous les enfants, de se sentir perpétuellement différents.

Elle ne correspond qu’à une partie des élèves. La différence avec les autres élèves enrichit les uns. Elle peut angoisser les autres.

Il est important de garder à l’esprit les efforts d’adaptation qu’elle exige et la fatigue qu’elle génère chez certains jeunes.

Les enfants apprennent parfois, par expérience, qu’il vaut mieux éviter certaines situations. Ceux qui éprouvent des difficultés à se faire comprendre des autres, préfèrent  souvent se taire plutôt que de courir le risque de ne pas être compris.

 

L’IME : Un IME est un établissement médico-éducatif tel que défini par la loi du 2.1.2002.

Les IME ont pour mission d’accueillir des enfants et adolescents atteints de déficience intellectuelle, quel que soit le degré de leur déficience.

Il y a souvent une longue liste d’attente et les parents doivent prendre leur décision quand l’enfant est encore très jeune.

En plus de leur engorgement, les IME traitent de pathologies de plus en plus lourdes et ne correspondent pas à tous les enfants ayant un handicap mental.

Ils se trouvent généralement loin des villes.

Ein Gedi voudrait suivre le modèle de la Belgique vers laquelle de plus en plus de jeunes français vont, ne trouvant pas de place en France.

Contrairement à la France qui cherche prioritairement à scolariser les jeunes dans des classes ordinaires, la Belgique privilégie la voie de l’enseignement spécialisé.

Tout comme Ein Gedi, les classes comptent très peu d’élèves, ce qui permet à l’enseignant d’adapter sa pédagogie à chacun des enfants.

 

 

4/ Un lien entre Ein Gedi et les Bordelais et autres établissements scolaires de Bordeaux

 

Les enseignements du matin se prolongent l’après-midi à travers différents ateliers d’expression qui sont autant d’occasions d’échange avec d’autres établissements de Bordeaux. En voici quelques exemples.

Un atelier de théâtre chinois leur permet de se produire tant à Ein Gedi que dans différentes salles de la ville.

Un atelier de peinture a pour vocation de travailler avec des jeunes et des adultes, ayant un handicap ou non.

La volonté de créer un lien entre les jeunes ayant un handicap mental et le patrimoine de Bordeaux amèneront les élèves d’Ein Gedi  à re-découvrir les trésors patrimoniaux de leur ville à travers un nouveau regard.